Voyage chez les morts
En surfant sur wikipedia, je suis tombé sur la page du Front National. L’article que j’ai survolé m’a semblé très neutre, ce qui est une chose relativement positive malgré tout.
En bas de page, je jette un œil aux sites référencés et je décide de poursuivre sur le site des Jeunesses frontistes (qui se nomment Front National de la Jeunesse).
C’est étonnant, je trouve, de rencontrer un site de ce genre, et surtout une organisation de ce genre. Mais en réfléchissant un peu, on finit par se dire que plus rien n’est étonnant et qu’après tout, pourquoi pas un Front National de la Jeunesse vu qu’il existe des version Juniors des autres principaux partis politiques français.
La page principal montre une joyeuse troupe brandissant avec joie le drapeau français. Dans une ambiance très bleu blanc rouge, le site propose diverses rubriques : L’actualité du FN, les rendez-vous (pour ne pas louper papy), des documents très intéressants, et les procédures d’inscription à ce mouvement.
Parmi les documents on découvre qu’il suffit d’écrire un mail pour recevoir des autocollants FN, et on remarque également qu’il se tient des universités d’été des jeunesses frontistes.
Les photos présentent l’université d’été comme une colonie de vacances à l’esprit ouvert. On y fait des balades nocturnes, des jeux de bataille sur l’eau, des parcours du combattant, des appels militaires. S’organisent également des balades dans la forêt, des marathons qui se pratiquent même en famille (nous notons la présence d’une fillette de 6 ans qui haïra ses parents dans une dizaine d’années quand ils refuseront qu’elle sorte avec Youssouf).
Et j’allais oublier, on y joue même au Paintball.
On se croirait chez les Scout ou en classe de mer. Il semblerait qu’on aille à l’université d’été comme on irait à Biarritz (mais où on ne va pas parce que ce n’est pas assez français).
Entre les activités sportives, une équipe de formateur explique aux jeunes que les racailles ont la haine, ce qui est une raison suffisante pour les haïr en retour.
(Une affiche montre des banlieusards provoquant)
« Ceux qui ont la haine sont représentés par l’illustration de l’affiche : survêtement, casquette, sweet à capuche, gestes provocateurs, attitude méprisante et hargneuse. »
On stigmatise une bonne fois pour toute l’immigration dont on a eu besoin autrefois. On explique au jeune que s’ils ont des problèmes, s’ils sont paumés, c’est qu’il y a d’autres jeunes dans la misère qui ont l’irrespect de vouloir s’en sortir et de luter pour.
Immigration, la méchante ! Pour vraiment avoir de l’effet, on fait peur à ces jeunes français avec l’affiche qui dégage le message suivant : « regardez ces voyous. Ils tuent vos vaches et volent vos salaires, rackettent vos enfants et veulent votre peau. Eliminons cette vermine et peignons notre patrie de leur sang en Bleu Blanc Rouge ! »
Si tout le monde était resté chez soi, les français auraient été dans la merdre un grand nombre de fois dans l’histoire. Mais on le nie, on l’oublie et on affirme sans complexe que l’immigration est l’unique base de tout ça.
C’est plus que mon quota de haine quotidien, je quitte le site écoeuré.
Toutefois, les jeunesses frontistes possèdent la triste clé de l’union des hommes : La haine est fédératrice.


