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sam 24 03 2007

VIH-

Ce texte est un ancien brouillon qui n’a jamais vu le jour. Pourquoi je le sors de nouveau ? C’est le Sidaction ces jours-ci mes cocos ! Vous évitez de justesse diverses lamentations et toutes les questions qui vont avec la ph(r)ase « Suis-je porteur de ce virus ».

Je suis allé voir mon médecin référent pour un petit problème d’amygdales. Bon, au début je croyais que c’était un problème d’amygdales mais ce n’était en fait qu’un problème de ganglions. Quoi qu’il en soit, j’en profite pour placer dans la conversation le mot dépistage VIH et elle bondit de joie en ajoutant NFS, FER, Sérique, Justice, enfin des mots qu’on comprends pas. Au pire, ça permet de justifier une prise de sang.
Le gros problème c’est que je n’avais jamais fait de prise de sang. Du moins, on ne m’avais jamais pris mon sang pour l’étudier, calculer combien d’avais de globules bleus, blancs et rouges. Je ne connais même pas mon groupe sanguin, mais je me porte très bien.
Quoi qu’il en soit, je ressors de chez le docteur avec une jolie ordonnance. N’ayant jamais fait de prise de sang, j’imagine qu’il faut prendre rendez-vous et je planifie ma prise de rendez-vous pour plus tard dans la soirée. Je retrouver M. et A., je commande un demi châtaigne et je me goinfre de brownies. A 5h, je me décide à aller prendre rendez-vous pour une prise de sang que j’espère le plus tard possible. Je m’attends à devoir y aller le lendemain matin, à jeun, encore endormi. J’entre.

« Bonjour, voilà, il faut que je fasse une prise de sang, j’imagine qu’il faut que je prenne rendez-vous …
- Ah pas forcement, on peut vous le faire tout de suite !
- Arg ! Mais il faut bien que je sois à jeun pour faire une prise de sang !
- Pas forcement, attendez je regarde… Non, vous n’avez pas besoin.
- Mais alors il me faut de l’argent, des papiers, mon passeport, quelque chose !
- juste votre carte Vital. (Malheureusement je l’avais déjà dans la main)
- Alors on le fait maintenant ? »

Je n’ai pas pu refuser. J’ai choisis de stresser 2 minutes et souffrir rapidement plutôt que de ne pas en dormir cette nuit pour souffrir plus tard. La vie m’a enseigné qu’il ne faut jamais attendre avec les aiguilles.
Le docteur arrive, m’invite à le suivre dans son petit bureau, me montre une chaise. Mon esprit aimerait être loin de tout ça, mon corps comprend qu’il ne peut plus rien faire et que l’issue ultime ne se fera pas sans piqûre

Quand j’y pense, je n’ai même pas eu le temps de lire les magasines. C’est incroyable les a priori des hôtesses chargées de vous faire attendre où que vous alliez attendre. Parfois, vous pouvez avoir envi d’attendre seul, et d’attendre en attendant. Souvent, vous vous réjouissez de savourer votre solitude, vous baignez dans vos pensées jusqu’à ce qu’une dame aux bonnes intentions vous apporte un numéro de l’équipe ou d’un magazine automobile. Dans un premier temps, vous la remerciez, mais au bout de quelques secondes (l’activité inter synaptique est de l’ordre de la 30ène de Hertz) (Je donne cette valeur aléatoire pour me donner du contenu) vous vous rendez compte que quelque chose ne va pas. Et oui, vous êtes peut être un homme mais pourquoi Automag ou l’équipe ?

Et c’est là qu’arrivent introspection fatidique et tout ce qui va avec.

La salle est jaune. Le jaune c’est le tallent, l’intelligence, la réussite. Enfin on s’en fiche.
Je prends place, il me dit de me décontracter et d’enlever mon blouson, mon pull et d’essayer de dégager un peu mon bras parce qu’il risque d’en avoir besoin s’il faut qu’il me prenne mon sang. Je me pose sur la chaise de toutes les tortures et je me laisse tripoter quelques instants. Il sort alors son aiguille vacutainer (qui porte un nom absurde comme la courbe de gauss, le banc Kofler et le Buchner (ajoutez des trémas où bon vous semble))  et à partir de ce moment, je l’avoue, j’ai tourné la tête. Tout ce que j’ai pu observer c’est le mur. Tout est devenu jaune autour de moi, et je peux le dire, j’ai vu la lumière. Non pas un tunnel, car tout était lumineux. Mais oui, j’ai observé pendant des secondes qui m’ont semblés être des heures ce fabuleux mur. Aucune tache de sang  (boucher), une petite fissure vers le haut, parce qu’un mur sans fissure, ce n’est pas un mur.

Je n’ai pas senti une douleur féroce. Mais j’ai eu mal. Et plus je me disais que j’avais mal, plus j’avais mal alors qu’au final je n’avais rien du tout, si ce n’est une aiguille à tricoté planté dans le bras avec une petite capsule où giclais avec joie et gaîté mon précieux sang.
Quand on pense que mon corps avait mis des heures et des heures à fabriquer toutes ces cellules, tous ces globules et tout ce bazar, on se dit que c’est du vol.

Et au final ? Grâce à la sécurité sociale, je sais que je n’ai pas le Sida.

2 Commentaires. »

  1. MarcelD :

    c’est juste pour voir ce que ça fait d’appuyer sur le bouton qui commande l’armement nucléaire français. 1… 2… 3…

    Le 8 avril 2007, 18h18 | #

  2. MarcelD :

    :shock: y s’est rien passé !!

    Le 8 avril 2007, 18h18 | #

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