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jeu 13 09 2007

Coquilles Vides

Pour ceux qui veulent encore de l’extrait, je continue le projet Coquilles vide, je dois être à une moyenne d’un mot par jour depuis que j’ai commencé la rédaction de ce truc. Voilà une petite partie de l’auto-introspection du personnage principal, qui se veut décalée avant d’être sérieuse. Pas assez à mon goût. Si je met un extrait c’est que je suis lucide sur mes capacités de terminer un projet. Si je ne diffuse pas un extrait alors Coquilles vide restera à tout jamais un dossier sur mon disque dur et rien de plus. Alors si ça peut faire plaisir à quelqu’un …

Les gens qu’on peut croiser dans la rue ont tendance à faire la gueule. J’ignore évidement s’ils en ont conscience ou non, mais leur mauvaise mine est malheureusement bien là. Les yeux tristes, les pensées embrouillées, les semelles qui s’usent au fil des pas. Ils sont touchant par leur tristesse pathétique. On aurait envi de les embrasser, de les serrer dans nos bras, de leur communiquer un peu de notre gaieté, mais c’est sûrement impossible vu qu’ils ne daignent même pas nous adresser un regard. Dans ce monde de tristesse, tout le monde souhaite s’enfermer dans sa perle de néant au fin fond d’une vieille coquille d’huître nacrée oubliée dans une fosse océanique entre les Bermudes et le Géant Casino.

Une femme croisée au hasard d’une rue m’a montré qu’elle avait tout compris. Quand je l’ai croisé avec son chien qui n’avait jamais vu de sa vie un salon de beauté canin, ses vêtements usés par le temps et par l’expérience d’une vie difficile, son visage gonflé d’alcool et de simplicité, je n’avais pas imaginé qu’elle puisse m’adresser la parole. Mais toutefois …
« Jeune homme, jeune homme, lança-t-elle d’une voix timide, ça fait plaisir de vous rencontrer. »
Je levai alors les yeux de mon propre néant pour faire le point. Pour donner une nouvelle chance à cette pauvre dame que mes a priori avaient classés dans la catégorie des personnes à éviter.
« Et pourquoi donc, madame ? » lui répondai-je. Je ne m’attendais à rien, je laissais juste une chance.
« Et bien parce que ça fait plaisir de voir quelqu’un qui sourit, qui ne fait pas la gueule. Tout le monde est triste, et ça me rend triste.
- Boh (je n’étais pas bien capable de formuler autre chose qu’une onomatopée bateau pour me laisser un peu de temps pour réfléchir à une réponse potentielle) c’est vrai que les gens ont tendance à être triste, mais c’est pas une raison pour l’être soi-même. Lorsqu’on suinte de bonheur, autant en faire profiter un petit peu les autres, et ça ne peut passer que par le sourire. »
Bon, je ne comprenais pas bien ce que j’avais dit, mais elle sembla le comprendre et s’en accommoda.
« C’est très bien, ça, les gens sont trop triste. »
Comprenant que la conversation allait tourner en boucle, je décidai de la rompre en lui souhaitant une bonne journée. Ces quelques secondes de communications sont pour moi comme un évènement, un électrochoc, une prise de conscience sur plusieurs points.

Avant tout, voilà encore une démonstration des erreurs que l’on fait chaque jours en classant dans de mauvaises catégories les personnes qu’on peut croiser. Même si on se défend de réaliser cette ventilation, on la réalise bien malgré nous. C’est un réflex de survie commandé par l’instinct.

C’est d’ailleurs ce qui nous permet de ne pas aller nous acoquiner avec l’escroc ou le voleur. C’est aussi ce qui nous impose d’entrer dans une charcuterie lorsqu’on veut une tranche de jambon et non chez le fleuriste voisin, et inversement lorsqu’on veut un bouquet de rose.

Le problème c’est que notre esprit de trompe souvent. Sur le nombre d’actions réalisées dans une journée, qu’il ne fasse qu’une dizaine d’erreurs c’est vraiment raisonnable.
Le principal bug du fonctionnement humain est qu’il recherche la rapidité plutôt que l’efficacité. Evidement, la rapidité est nécessaire à l’efficacité, mais la rapidité est aussi ce qui conduit directement à l’erreur. Imaginons une petite particule qui se permet de rentrer dans les poumons. Automatiquement, l’organisme va tout faire pour évacuer cette petite particule étrangère, au risque de se tuer lui-même. On se retrouve à tousser comme des porcs alors qu’un tout petit grain de semoule bio inoffensive s’est payé des vacances dans les bronches.

Le corps ferait mieux d’en prendre cinq pour se demander quel serait le meilleur moyen de faire sortir ce petit truc. La localiser exactement, la décoller un peu des tissus pour qu’elle parte plus facilement, etc…

Mais bon, cette rapidité est nécessaire à notre survie, et même si elle fait des erreurs, on peut pas y faire grand-chose, à part reprogrammer entièrement l’homme, et si jamais on laisse cette tache à des programmeurs Américains, on est pas sorti de l’auberge.

Quand on y regarde de plus près, on se rend compte que la rapidité est à l’origine de tout. Dans des situations simples où qu’une seule action est réalisable, il faut aller le plus vite possible. Je pense aux spermatozoïdes qui se lancent tête baissée dans l’ascension du col de l’utérus. Difficile de se perdre dans la dentelle utérine sachant qu’il suffit d’aller tout droit, qu’il y a qu’une seule route, et qu’une seule arrivée. Inutile donc qu’un spermatozoïde prenne quelques instants pour sortir sa carte ou son GPS et pour qu’il étudie le chemin le plus court vers son point d’intérêt.

Mais dans des situations complexes où une infinité d’actions sont réalisables, où on est totalement maître de ses actions et de ses pensées, il faut prendre un peu de distance avec ce que notre inconscient nous propose de faire.
« Et si je ne parlais pas à cette dame ? »
« Et si j’allais voler ce petit sac bien sympathique ? »
« Et si j’allais manger dans un resto chinois ? »

jeu 13 09 2007

Garçon de café

Voilà un petit passage d’une petite pièce de théâtre écrite rapidement entre deux journées de 8 heures de boulot. Je ne pose qu’un extrait, j’ignore si le texte à besoin d’être retravaillé ou si je peux l’oublier tranquillement. Et non, ce n’est pas la peine d’espérer avoir la fin.

Décor principal. Le serveur avance avec son plateau. Une femme le suit d’un peu trop près. Il se retourne alors vers elle.
-
Bonjour monsieur
- Bonjour mademoiselle
La demoiselle va se cacher derrière le serveur qui en profite pour pivoter de manière à être droit, face public, sans comprendre.
- Puis-je vous aider mademoiselle ?
Le serveur se décale et laisse paraître la jeune femme qui retourne vite se cacher derrière le serveur.
­­- Vous désirez boire quelque chose ? Peut-être venez vous dîner ? Avez-vous réservé ? A quel nom je vous prie ?
- Mais chute !
- Pardon ?
- chute je vous dis.
- Mais pourquoi chute ?
- Mais pour que vous vous taisiez mon cher !
- très bien, mais j’aimerais bien comprendre ce que vous êtes en train de faire.
- Et bien je me cache !
- De quoi ?
- de mon mari.
- et pourquoi se cacher de votre mari derrière un serveur ?
- c’est pour le surveiller mon cher. Vous voyez, si je m’étais caché derrière cette plante, je n’aurais pas eu l’occasion de bouger, je n’aurais pas pu observer mon mari depuis de nouveaux angles. Et même si je m’étais caché derrière cette plante, vous m’auriez tout de même demandé ce que je faisais ici… Sachez le,  rien de mieux que la filature mobile pour bien commencer un divorce.

Bof.

jeu 7 06 2007

Terminale S 2/2

Je comprends pourquoi, mais je dois l’expliquer
J’aime les feutres épais
Mes compétences expérimentales doivent êtres validées
Je révise plus que jamais
J’alterne entre les lettres et les sciences
J’en cherche l’essence
En voyage au Tiers-monde j’imagine une union
Un continent panafricain proche du pancake
Suivant la décolonisation sur couche mince
Et toutes les intégrations par révolution
On cherche l’aire tandis qu’ils cherchent de l’air
Un peu de nourriture pour leur ventre et non leur tête
Des centaines de pages, des milliers de ligne
Rien de bien transcendant, ni de bien révolutionnaire
On va filtrer sur Buchner le monde entier,
Intégrer le Sud, dériver le nord,
Faire une régression linéaire et non humanitaire
Pour trouver la logique qui se cache derrière ces guerres
Derrières ces sédiments et ces génocides
Des colonies et des fourmis
En sauvant les drosophiles des complexes immuns
Dans un monde complexe de réels imaginaires
On s’attaque alors à l’artiste et à l’ouvrier
Cherchant lequel des deux est le plus humain
Tandis que l’œuvre tue certains et que certains se tuent à l’œuvre,
L’humanité est bien loin
Il faut terminer en beauté par les langues
Et surtout celle de bois
Pour plaquer de maigres connaissances
Sur une machinerie bien huilée
Annulation de l’individu, quête de l’uniformisation
Penser au travers de Descarte, Aristote et Platon
Pour éviter que l’avenir ne dépasse l’enseignant
Celui qui pense par lui-même n’a pas sa place,
Marche, marche droit, au pas, Mao te regarde.

dim 20 05 2007

Insara bien qui insara le dernier (3/3)

Voilà-t-y pas que l’insa m’annonce que je suis admis en vague A à Strasbourg. A moi le pays de la saucisse, de la bière et des patates !

« Nousse allouns faireu eineuh choukroutteun pour fêterr ton admizionne »

Ce n’est pas que je n’ai aucune envie d’aller à Strasbourg. C’est une très jolie ville, elle est ouverte sur le monde entier, tout est beau, le monde est gentil et tout va au mieux dans le meilleur des mondes. Le seul problème c’est que c’est un peu loin et que depuis des mois je conjugue mon futur au participe Lyonnais. Et puis ça fait une petite trotte.
Ni une ni deux, je demande le quitte ou double, c’est-à-dire l’entretiens pour essayer d’obtenir l’insa de Lyon.

Quoi qu’il en soit c’est surprenant cette période d’orientation. Certaines choses auxquels on aurait jamais pensé nous paraissent tout d’un coup la meilleur voie qu’il puisse exister au monde tout entier. C’est alors qu’on se passionne pour cette voie, qu’on mise tout dessus. On se met la pression en se disant que notre avenir se joue là-dessus.

Plus le temps passe, plus on se dit que c’est jouable et que ça sera réellement passionnant. On commence à se renseigner sur ce qu’on imagine être notre futur établissement, et on construit des projets à moyen terme. Faire parti du journal de ce futur établissement, profiter du dynamisme associatif pour garder un pied sur terre.

On arrive au paroxysme de la confiance et on se dit qu’on peut commencer à croiser les bras, qu’on a atteint notre rythme de croisière et qu’il n’y a plus qu’à attendre la prochaine rentré.

Et pof. Tout se casse la gueule. Vos plans et votre confiance se sont trompés. Vous n’avez pas été pris à Lyon comme vous l’espériez. Il faut attendre, redoubler d’effort, ne surtout pas se laisser aller. Rebondir et se réadapter.
Sacré challenge. Mais je suis content de l’avoir vécu. Se prendre des coups dans le bide et devoir redémarrer, sans trop se laisser perturber, voilà ce qui fait grandir, voilà ce qui nous permet de sentir notre humanité.

Le courage, la force et l’ambition se travaillent. Par pitié, puis-je ne jamais les perdre en considérant que tout est acquis.

dim 20 05 2007

Insara bien qui insara le dernier (2/3)

Mais quand on lit ces petites ambitions, on remarque que nulle part apparaît la volonté d’être ingénieur. Déjà, je ne me suis jamais vraiment demandé ce que ça pouvait bien être. Un ingénieur à du géni, un ingénieur gémi un géni ailleurs.

Dans ma tête, les ingénieurs appartenaient à une espèce à part dérivé de l’homo sapiens-sapiens. Ces êtres étranges portaient des lunettes, était aussi grand que fin, ne parlaient pas, ne souriaient pas. Ils pensaient ! Toute la journée, ils s’occupaient à penser dans des grandes pièces blanches avec des charlottes sur la tête. Quand ils ne pensaient plus, ils griffonnaient des choses sur un petit cahier blanc d’ingénieur. Ils économisaient leur salive, ils ne communiquaient que lorsqu’il le fallait. Ils utilisaient des mots assez étranges, un vocabulaire d’initié. Coupé du monde réel, ils étaient obligés de se retrouver entre eux, car bien qu’intelligents, ils restaient avant tout de grands incompris.

Je suis aujourd’hui incapable de dire pourquoi je l’ai fait, mais je me suis inscrit au concours des INSA de manière à être ingénieur. Du jour au lendemain, l’ingénierie a alors représenté tout ce que je pouvais attendre d’un boulot. J’ai encore du mal à comprendre quels ont été les mécanismes de cette découverte, mais c’est comme ça.

Quoi qu’il en soit, j’ai sérieusement entré mes notes de première et de terminale, celles des épreuves anticipés du bac et mes différents établissements. J’ai patiemment attendu les résultats de la vague A en priant pour que le destin choisisse pour moi ce que je devais faire dans ma vie (ingénieur ou prof en passant par prépa).

Quelques mois se sont alors écoulés.

A suivre …

dim 20 05 2007

Insara bien qui insara le dernier (1/3)

L’orientation est un sujet assez particulier. Si je fais un petit bilan de tout ce que j’ai voulu devenir, on peut trouver :

-          Boulanger, quand j’étais à l’école maternelle, je prévoyais d’ouvrir une boulangerie avec ma grand-mère et la remorque de mon père. Ma voie était toute tracé : j’aurais fait le pain et ma grand-mère des quatre-quarts (car les clients n’aiment que ça)

-          Médecin, ça a duré quelques semaines avant que je passe à l’hôpital pour me faire recoudre un bout de lèvre.

-          Professeur de Physique Chimie. En 4ème, pour la première fois de ma vie j’ai eu une idée réalisable, ça a duré un an avant que l’informatique s’impose à moi (enfin revienne à moi.)

-          Un boulot dans l’informatique. Ca a duré quelques semaines avant que je ne fasse un stage dans une entreprise de maintenance informatique. Les employés fumaient comme des pompiers, ils étaient mal payés, particulièrement geek et pas très drôle. La raison a alors très rapidement repris sa place dans ma tête.

-          Professeur de Physique Chimie. Cette idée est revenue en seconde jusqu’à ce qu’on me dise de manière assez violente « Non Mathieu tu vaux mieux que ça ».

-          Journaliste. Cette idée s’est imposée en seconde et s’est poursuivie en première. Je comptais viser Science (Winni the) Po(oh) pour rentrer à l’école supérieure de journalisme à Lille. J’habitais alors dans les Pyrénées Atlantiques, cette idée ne me choquait pas.

-          Journaliste scientifique. Un jour, je me suis rendu compte que l’histoire n’était pas aussi passionnante que mes cours de physique. Je ne me souviens plus comment ça s’est mis en place, mais ça m’a semblé tout d’un coup très clair. J’ai alors tout de suite eu envi de devenir Fred de « C’est Pas Sorcier ». Après, j’ai voulu devenir journaliste scientifique.

-          Professeur de physique. C’est revenu au début de la terminale quand je me suis dit que ça ne valait pas le coup de se faire chier à vouloir faire une prépas.

-          Professeur agrégé de physique chimie avec un passage par une prépas et par Normal Sup. Là je ne sais pas trop ce qui m’est arrivé, mais j’y ai cru quelques temps, jusqu’à ce que je me dise que ça ne servirait pas à grand-chose.

-          Professeur agrégé de physique et pigiste : Durant mon année de terminale, j’ai imaginé beaucoup d’assemblages différents.

A suivre …

jeu 31 08 2006

Cause, Cause, peu importe ce qui est dit.

Suite à des recherches sur Internet pour mon Empty shell et pour déterminer avec exactitude quel sera le rôle de mon sdf, je suis tombé sur un forum particulièrement touchant. Le gros problème de lire ce que n’importe qui peut écrire c’est qu’il y a un immense tissu de connerie où s’emmêle arguments de comptoirs et contre thèses démago. On finit par lire que les sdf sont gênant car « on risque de suffoquer dans le bus » et qu’il faudrait les parquer dans des centres d’accueil.

On lit même qu’il faudrait une sorte d’indemnité pour permettre aux SDF de subvenir à leurs besoins essentiels.

Est-ce que ces gens réfléchissent aux conséquences de ce qu’ils proposent, où à ce qu’implique ce qu’ils disent ? Je n’ose même pas faire de nouvelles recherches sur d’autres minorités au risque de tomber sur un nouveau forum de gens « normaux » pleins de bonne volonté comme celui sur lequel je viens de tomber.

Je me demande sérieusement si faire des recherches sur ce sujet sur la toile est une bonne idée.

mer 23 08 2006

Trois points.

On lance word. Inutile, les fichiers dont j’ai besoin sont sur le disque dur externe. Impossible de terminer ce soir ce que j’ai commencé y’a un an. Je vais chercher le disque dur externe.

J’ai récupéré mon portable, ça m’aidera peut être pour décider de l’avenir du pauvre SDF. Rien n’est sur pour le moment, il est coincé sur un mur depuis des semaines et des mois. J’aime à le savoir en train d’escalader la gouttière de l’immeuble pour retrouver ce qu’il a jeté. Il est bien sur ce mur, rien ne peut lui arriver vu que le temps s’est arrêté depuis que je n’ai plus écris.

Je rouvre le document.

Oui, le sdf n’a toujours pas bougé. Il attend patiemment mes ordres sur son mur. Avant l’histoire avait un but. Quelques mois après elle en avait un nouveau, plus puissant et jouissif que le précédent. C’est parti pour être comme ça à jamais, une modification perpétuelle du but du texte de manière à ce qu’il ne soit jamais terminé et qu’il reste pour l’éternité dans mon dossier Brouillon.